Les principales caractéristiques de la numismatique bordelaise à travers quelques monnaies émises à Bordeaux et quelques jetons et médailles 
Dominique Ursy


LES MONNAIES :
 
L'histoire commence avec de toutes petites monnaies d'argent de 0.25 à 0.35 g , pour 7 à 8 mm de diamètre appelées « fractions d'argent au cheval » produites par les Bituriges Vivisques au IIIème ou IIème siècle av.JC. ; ce type de monnaies fut retrouvé en de nombreux endroits bordelais : Grands Hommes, Place de la Comédie, ou Cours du Chapeau Rouge. Il est raisonnable de penser que ces documents monétaires sont les premiers émis à Bordeaux car elles forment un groupe homogène et une trentaine d'entre eux y furent découverts. Nous trouvons à l'avers une tête et au revers un cheval galopant à gauche entre deux annelets.  (Photo n°1)

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Photo n°1

 Photo n°2

 Photo n°3

 A l'époque mérovingienne des tiers de sous d'or portant le nom de Bordeaux, « BURDIGALA », furent produits sur place, comme ce rare exemplaire de 1.28g émis vers 620-640 par le monétaire Bertigiselus (Photo n°2).

       Un peu plus tard, à l'époque carolingienne nous retrouvons des deniers d'argent portant encore le nom de Bordeaux antique. A partir du VIIIème siècle l'atelier monétaire se situait à Saint-Seurin, il y restera jusqu'au XIIème, puis se déplacera à Saint-Projet durant les XIIIème et XIVème ; c'est là que seront frappé les très belles monnaies Anglo-gasconnes au nom d'Edouard III ou du Prince Noir. (Photo n°3 : un « Léopard d'Or » au nom d'Edouard III 1327-1362) .

       A partir de 1385 chaque atelier se vit attribuer un système de localisation, appelé le « point secret », permettant d'indiquer sur un endroit précis de la légende l'origine de la monnaie et donc d'éviter toutes fraudes. Seulement, l'atelier de Bordeaux se singularisa en adoptant un différent par symbole : une NEF , sans doute le choix de ce différent monétaire est-il du à l'activité portuaire de la ville , plus tard cette nef sera posée sur un croissant rappelant ainsi la courbure de la Garonne devant la ville, Bordeaux devenant alors le  « Port de la Lune » . A partir du XIVème et jusqu'au XVIIIème , l'atelier monétaire se déplaça encore au Palais de l'Ombrière disparu de nos jours ; ce ne sera que sous le règne de François Ier, à partir de 1540, que Bordeaux se verra attribuer la lettre K , différent de cet atelier utilisé jusqu'en 1878 et remplaçant la nef sur croissant .(Photo n°4 : Revers d'un Ecu d'argent  « à la mèche longue » émis sous Louis XIIII en 1649, la lettre d'atelier K étant visible sous la pointe de l'écu de France).

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 Photo n°4  Photo n°5  Photo n°6

          A partir du XVIIIème siècle l'atelier se déplaça à Sainte-Croix, où un nouvel hôtel de la monnaie venait d'être construit ainsi que la Porte de la Monnaie, puis un peu après la révolution, il fut enfin transféré dans le secteur du Palais Gallien jusqu'à sa fermeture, les dernières monnaies portant le différent bordelais datant de 1878. La production monétaire sera alors centralisée sur la capitale.

         Cependant à partir de 1973, un nouvel établissement moderne fut créé à Pessac, exclusivement réservé à la production de monnaies, l'atelier parisien gardant l'activité relative à la production des médailles. De nos jours toutes les monnaies françaises que nous utilisons quotidiennement proviennent de cet atelier qui mérite une visite particulièrement intéressante.

       Bordeaux est donc une ville au passé monétaire très riche, traversant ainsi les siècles et même les millénaires, mais il n'est pas inutile de présenter également un autre aspect de la numismatique bordelaise, celui des médailles et jetons.

 LES MEDAILLES ET LES JETONS :

         Ces documents numismatiques sont assez nombreux et variés. Ils présentent un réel intérêt, surtout historique, nous permettant d'observer par exemple, la statue équestre de Louis XV jadis érigée sur la Place de la Bourse et disparue lors de la Révolution Française, mais dont nous pouvons encore admirer les bas reliefs en marbre conservés au Musée d'Aquitaine .

(Photo n°5 : Médaille relative à la pose de la première pierre en 1733, de la statue équestre de Louis XV)
(Photo n°6 : Revers de cette même médaille : Vue de la Place Royale)

   Un autre exemple pris parmi tant d'autres nous permet d'imaginer l'animation qui pouvait régner sur les quais, grâce à ce très beau jeton de la chambre de commerce émis en I9O6 (Photo n°7), ou bien d'observer la façade de la Banque de Bordeaux fondée en 1819 (Photo n°8), ou encore celle de l'Hôpital Saint-André (Photo n°9) .
  De plus , ces différents jetons présentent assez souvent les armes de la ville, dont nous pouvons apprécier les différentes formes et variantes évoluant au cours du temps.

(Photo n°10 : Jeton émis en 1833 par les Courtiers de Commerce de Bordeaux).

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 Photo n°7  Photo n°8  Photo n°9
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   Photo n°10  

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