Clochers-tours gothiques : résumés des communications

Florian Meunier
Tours et clochers gothiques flamboyants : les XVe et XVIe siècles en Normandie et en France septentrionale


La Normandie et la France septentrionale sont riches en grands clochers-tours flamboyants. Il apparaît que les commanditaires et les architectes disposaient d’un large choix de modèles et de
solutions formelles. La virtuosité se remarque particulièrement au XVIe siècle à la tour de Beurre de Rouen et à la tour Saint-Jacques de Paris, dont la hauteur exceptionnelle se marie avec une lisibilité des motifs décoratifs. L’esprit de clocher, loin d’être négatif comme on l’entend habituellement, marqua avec un brio particulier les côtes et les villes fluviales propices aux voyages et échanges artistiques.


Flamboyant gothic towers and bell towers : the 15th and 16th centuries in Normandy and northern France
Normandy and northern France are rich with many high flamboyant bell towers. It appears that the contracting authority and the architects had at their disposal a large choice of models and forms. The virtuosity is particularly remarked during the 16th century at the Beurre tower in Rouen and at the Saint-
Jacques tower in Paris, which exceptional height links with a readability of the decorative patterns. The spirit of the bell tower, far from being negative as we usually believe it, marked with a particular excellence the coastlines and fluvial cities favourable to artistic travels and exchanges.


 

Michèle Boccard
Clochers de Basse-Bretagne à la fin du Moyen Age : entre tradition et innovation
A partir du début du XVe siècle, à la faveur d’une longue période d’embellie politique et économique, la partie occidentale du duché de Bretagne se transforme en un vaste chantier de construction religieuse. Prenant exemple sur la cathédrale de Quimper, dont la façade gothique est entreprise en 1424, de nombreux édifices sont alors pourvus de tours monumentales, percées de hautes lancettes et ornées d’un décor sculpté dans le nouveau goût flamboyant. Si celui-ci nous apparaît aujourd’hui moins ambitieux que les dentelles de pierre que l’on rencontre dans d’autres régions à la même époque, c’est d’abord en raison de la difficulté à travailler le matériau local, le granite. Mais les recherches des maîtres d’oeuvre se portent alors sur les jeux d’ombre et de lumière, de pleins et de vides, de monumentalité, un souci que l’on observe aussi bien sur les chantiers ducaux, comme Le édifices mineurs comme les chapelles Saint-Fiacre du Faouët ou Saint-Nicolas de Plufur.

Bell towers of Basse-Bretagne at the end of the Middle Age : between tradition and innovation
From the early fifteenth century, thanks to a long period ofpolitical and economic improvement, the western part of the Duchy of Brittany turns into a vast field of religious construction. Taking the example of the Quimper cathedral, which Gothic facade was begun in 1424, many buildings are then provided with monumental towers pierced with high lancets and adorned with a carved decoration in the new flamboyant taste. If it appears now less ambitious than the lacy rockn sculptures encountered in other regions at the same time, it is primarily because of the difficulty of working the local material, granite. But stonemasons then chose to focus on the effects brought by shadows and lights, heights and voids and, most of all, monumentality, a concern observed on the ducal constructions like Le Folgoët or Locronan, as well as in minor buildings such as chapels of Saint-Fiacre in Le Faouët or Saint-Nicolas in Plufur.


 

Yves Blomme

Les grands clochers flamboyants de la Saintonge et du Bas Poitou
Les clochers-tours flamboyants de Saintonge et du Bas Poitou forment un ensemble homogène, aux nombreuses caractéristiques communes. Après une lente maturation durant la période gothique, la seconde moitié du XVe siècle voit l’aboutissement de grands modèles, comme le clocher-tour de la cathédrale de Saintes, qui seront ensuite reproduits sur les chantiers secondaires, particulièrement nombreux sur le littoral charentais. Ces clochers-tours forment un ensemble cohérent avec les exemples des provinces voisines (Bordelais, Angoumois, Poitou...). L’irruption des italianismes ne modifie que très peu leur décor et leur structure. La tradition des hautes flèches bas-poitevines et saintongeaises de la fin du Moyen Âge est perpétuée durant toute la période moderne.


Great flamboyant bell towers in Saintonge and Bas Poitou
The flamboyant bell towers of Saintonge and Bas Poitou form together an homogeneous whole, with numerous common characteristics. After a slow maturation during the gothic period, the second half of the 15th century see the completion of the great models, like the bell tower of the Saintes cathedral. They will later be reproducted on secondary construction sites, which are especially numerous on the Charentaises coastlines.
These bell towers form a coherent whole with the examples of the neighbour provinces (Bordelais, Angoumois, Poitou…). The sudden burst of the Italian forms barely modify their decoration and structures. The tradition of the high spires from Saintonge and Bas Poitou from the Late Middle Age is perpetuated during the entire modern period.


 

Nicolas Faucherre
Jean Lebas père & fils, architectes en clochers

L’article vise à établir le dossier historique et historiographique de ces deux architectes saintais de la fin du XVe siècle, à lister les clochers flamboyants qui leur sont sûrement attribués – en dehors de Saint-Michel de Bordeaux, Saint-Eutrope, voire Saint-Pierre de Saintes, – puis, à partir de ce qu’on peut caractériser de leur manière — la calligraphie comme décor architectural, la flèche octogonale sur la diagonale de la tour carrée, raccordées par quatre pinacles à arcs boutants de liaisonnement visuel — d’envisager les quelques clochers du golfe de Saintonge qu’on peut certainement leur attribuer (Moëze, Marennes), pour tenter de séparer l’œuvre du fils de celle de son père. Au-delà est évoqué le rôle de ces clochers dans la mise en place d’un guet de la mer autour de La Rochelle et dans le golfe de Saintonge.

Jean Lebas father & son, bell towers’ architects
This article aims at establishing the historical and historiographic file about these two architects from Saintes from the late 15th century, at listing the flamboyant bell towers which can surely be attributed to them - excepted the churches of Saint-Michel of Bordeaux, Saint-Eutrope or even Saint-Pierre of Saintes, - then, based on what can be characterised of their “style” (ou “method”) - the calligraphy as architectural decoration, the octagonal spire on the square tower’s diagonal, which are linked by four pinnacles with flying buttress (arcs-boutants) for the visual bond –, at considering the few bell towers from the gulf of Saintonge that we can certainly attribute to them (Moëze, Marennes), to try to separate the son’s work from his father’s. Beyond, the role of these bell towers in the establishment of a coastline watch around La Rochelle and the gulf of Saintonge is evocated.


 

Samuel Drapeau
Gagner en hauteur, gagner en grandeur. Le clocher isolé de l’église Saint-Michel de Bordeaux
Le clocher isolé de l’église Saint-Michel de Bordeaux est construit entre 1472 et 1492 par les architectes Jean I et Jean II Lebas. Il est alors un des plus hauts clochers de pierre d’Europe occidentale. Fortement restauré par l’architecte Paul Abadie dans la décennie 1860, ce clocher-tour garde peu de traces de l’œuvre médiévale. Il est cependant possible de retracer son histoire et de comprendre ce « geste » fort, voulu par les commanditaires bordelais et les maîtres d’œuvre, lors de la reprise économique qui suit la fin de la guerre de Cent Ans.

The isolated bell tower of Saint-Michel of Bordeaux.

The isolated bell tower of the Saint-Michel church of Bordeaux is built between 1472 and 1492 by the architects Jean I and Jean II Lebas. It is then one of the highest bell towers made of stone in Western Europe. Mainly restored by the architect Paul Abadie during the 1860’s, this bell tower keeps very few remnants from the medieval work. However, it is possible to trace its story and to understand this strong “gesture”, wanted by the contracting authorities and the general managers in Bordeaux during the economic restart which follows the end of the Hundred Years’ War.


 

Valérie Steunou
La négation des formes et structures flamboyantes dans les clochers-tours de la Navarre au XVIe siècle.
Dans le panorama monumental de la Navarre, les clochers tours ne sont pas un élément tangible déterminant pour l’étude des formules tardo-gothiques. Il est toutefois remarquable de constater la forte inertie des modes de constructions locales qui restent profondément ancrées dans la tradition médiévale héritée de l’architecture civile et militaire et ceci même à une période avancée du XVIe siècle. Le clocher-tour de Los Arcos apparaît comme un unicum au sein de ce corpus. Même si nous sommes loin des formes exubérantes tirées du répertoire gothique, ce modèle conserve un parti structurel emprunté aux tours clochers flamboyants, venant se combiner à un vocabulaire stylistique italianisant. Dès lors, la question de la provenance et de la filiation typologique de cet exemple paraît légitime sur un territoire où la négation des formes et structures flamboyantes est de mise dans les clochers-tours

The negation of flamboyant forms and structures in the bell towers of Navarre during the 16th century.
In the monumental panorama of Navarre, the bell towers are not a determinant tangible element for the study of the late gothic formulas. However, we can remark the strong inertia of the local construction methods which stay profoundly fixed in the medieval tradition inherited from the civil and military architecture still during the late 16th century. The Los Arcos bell tower appears like a unicum in this corpus. Though we are far from the conspicuous forms taken from the gothic repertoire, this model keeps a structure borrowed to the flamboyant towers combined with a stylistic vocabulary from the Renaissance. Then, the question of the origin and typological filiation of this example seems legitimate on a territory where the negation of the flamboyant forms and structures is appropriate
in the Navarre bell towers.



María Pilar García Cuetos

Clochers gothiques du Royaume de Castille au XVe siècle.
En Castille, nous trouvons de grandes tours surmontées de flèches comme à Burgos et à la tour sud de la cathédrale de Léon, mais nous pouvons considérer comme un unicum la façade de la cathédrale d’Oviedo. Sa ressemblance avec la cathédrale de Nantes et les miniatures de Jean Fouquet peuvent s’expliquer si nous tenons compte des étroites relations commerciales et humaines entre les Asturies et la France. La tour de la cathédrale d’Oviedo possède un corps à la manière des tours de l’Ouest de Castille par Juan de Colonia et une finition réalisée dans un langage renaissance. L’évêque espagnol Alonso de Cartagena fit appeler le maître allemand Jean de Cologne pour placer les flèches ajourées sur la tour de la cathédrale de Burgos. Les flèches de la cathédrale de Burgos se convertirent en modèle à suivre et Juan de Colonia est aussi lié à la restructuration de la Tour Neuve de la cathédrale de Léon.


Gothic bell towersof the Castilian Kingdom in the 15th century.
In Castile there are towers topped by open work spires in Burgos, León and Oviedo. But we can consider a unicum the facade of the cathedral of Oviedo. The resemblance of the facade of the cathedral of Oviedo with the facade of the cathedral of Nantes and Jean Fouquet’s miniatures, is due to the commercial and social relations between Asturias and western France. The tower of the cathedral of Oviedo has similarities with the towers in western France, but its high floor and open work spire synthesized the models of the German towers architecture, introduced in Castile by Juan de Colonia, and was completed with a Renaissance architectural language.
The Spanish Bishop Alonso de Cartagena made the master mason Juan de Colonia come from Germany in order to build the open work spires of the cathedral of Burgos. These spires became the role model for the South Tower of the cathedral of León, another master piece by Juan de Colonia.


 

Permanences et veille archéologique

Les permanences de la Société sont assurées le jeudi de 15 h à 18 h
Hôtel des Sociétés savantes, 1 place Bardineau, 3ème étage.

Téléphone : 06 63 77 03 28

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